dispositif

Coup de cœur incontesté, je vous propose de découvrir plusieurs épisodes du brillant  projet artistique audiovisuel nommé Le dispositif.
Il est le fruit de la collaboration de Pacôme Thiellement, essayiste et réalisateur et de Thomas Bertay, réalisateur et monteur par le biais de son studio SYCOMORE FILM.
Commencé en 1999, du temps de la cassette VHS, cette série de moyen métrage inclassable est un montage d’archives télévisuelles retravaillées selon différentes thématiques de réflexion, mêlant pop culture, philosophie, politique, mystique perse, plateau télévision et poésie. Il se compose de 52 « épisodes ». Initialement prévus pour couvrir une année, à raison d’un par semaine, la richesse du projet et l’exigence d’écriture qui en est ressorti a mené ses auteurs  beaucoup plus loin qu’ils ne le pensaient… Lorsqu’ils sont sommés de présenter leur projet, Pacôme et Thomas ne trouvent pas de définition précise et concluent finalement, qu’il s’agirait « d’un programme d’orientation et de conditionnement……destiné aux individus appelés à diriger le peuple des hommes reconstitués ! « (Voir le dispositif 49)
Une réponse auto parodique qui vise plutôt a se libérer du dressage médiatique par les images et à se les réapproprier de façon intime et éclairée.

Le Dispositif a fait le choix d’employer des images préexistantes pour travailler sur un inconscient collectif, celui de la mémoire globale et de la télévision. La méthode consiste à faire revoir au spectateur tout ce qu’il a déjà vu, mais d’une autre manière : c’est un reconditionnement !

Le génie du montage agit en libre association, accolant des images issues d’univers pour le moins éclectiques et leur redonne un sens profond. Les émissions de plateau de Pivot ou d’ Ardisson, jusqu’au paroxysmique concours de micro pénis de Howard Stern trouvent écho dans les trésors du cinéma. Que ce soient les essaies plastiques de Vasarely sur Romi Schneider dans l’Enfer de Clouzot, Lost Highway de Lynch, Les scènes de possessions du cinéma hystérique de Zulovski… la trivialité la plus cru se transcende aussi plastiquement et philosophiquement.
Dénonciation politique et esthétique, perversion des masses, la gravité de la réflexion se tempère parfois d’une douce ironie dont le rire salvateur vient créer une respiration dans la densité informative.

La très intense bande son lie cet ensemble avec souvent la présence de textes poignants et référencés. La question de l’utopie, de la pérennité, de la gnose, entre autre, s’y abordent par des biais souvent inattendus.

Blog de Pacôme Thiellement http://laguerretotale.blogspot.com/
Studio de Thomas Bertay http://www.sycomorefilms.com/