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© Les 6 Doigts De La Main

Face au réel, ce qu’on croit savoir clairement offusque ce qu’on devrait savoir. Quand il se présente à la culture scientifique, l’esprit n’est jamais jeune. Il est même très vieux, car il a l’âge de ses préjugés. Accéder à la science, c’est, spirituellement, rajeunir, c’est accepter une mutation brusque qui doit contredire un passé.

 La Formation de l’esprit scientifique

[ Gaston Bachelard ] 

Un mot surgit d’entre les limbes lorsque l’on évoque le sort hypothétique dévolu à notre ère : celui de mutation.Ce terme chargé d’angoisse est surtout un impératif d’évolution lorsque la fin d’un cycle semble atteinte.

Si les progrès scientifiques prolongent avantageusement jeunesse et espérance de vie, qu’en sera t’il de la capacité future à ne pas succomber aux manipulations génétiques humaines et à son cortège de dérives possible ? Pouvons nous résister à l’envie de nous perfectionner et de substituer notre potentiel génétique à l’expérimental ?

La mutation est à appréhender au sens large. Tant technologiquement que dans sa dimension politique, économique, sociale, écologique, culturelle et psychologique.

On la souhaiterait progressive, sinuant avec douceur dans son espace transitionnel, ce qui est rarement le cas. Notre société de consommation, où l’accession quasi compulsive aux objets, images et informations en tous genre nous conduit à une soif inéluctable d’un objet pour le moins ingérable : l’absolu ! Ceci en témoignage d’un mal être sociétal et individuel rampant, d’une vacuité maintenue persistance malgré des tentatives de gavage perpétuelles.

La mutation n’est même plus souhaitable, en ce contexte de déclin et de crise, elle devient obligatoire !

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© Jean-Luc Caradec

Le collectif d’artistes Les Six Doigts De La Main se lance cette injonction à lui même, comme au visiteur venu franchir ses terres de création.

Une mutation du regard est d’abord exigée pour permettre d’affleurer au poétique  qui parcourt en filigrane le contenu des œuvres. Que ce soit à travers les sculptures et installations de Corine Borgnet, usant de l’ambigüité comme d’une matière modelable, les photographies abordant la confusion des genres de Jean Luc Caradec, la renaissance du Phénix de Christophe Lambert, comme l’indicible inhérent aux dessins de Rodolphe Baudouin…

Une mutation corporelle peut même s’en suivre… si vous n’y prenez point garde !

Car elle est par essence plus profonde que le changement, aussi radical fût-il.

La mutation implique une transformation totale, qui va jusqu’à signifier une modification définitive de sa structure originelle, en passant par l’hybridation génétique.

LILLIUM MADONA another lolita 2009 Resin and acrylic 80 x 90 cm

LILLIUM MADONA another lolita 2009 Resin and acrylic 80 x 90 cm

Toute l’œuvre de Corine Borgnet s’incarne dans cette réflexion et frémit de cette tension contradictoire entre enchantement de l’enfance et fantasme dévoré d’angoisse. Le passage complexe à l’âge adulte constitue la mutation décisive et son pivot réflexif majeur. Ses chimères d’objets et autres sculptures, par essence organiques, renouent avec la mythologie des contes et jouent dans cet interstice avec une puissance d’imaginaire redoutable.

Les manipulations laborantines de Christophe Lambert abordent la notion d’énergie dans sa dimension autant régénératrice et envoûtante que comme force obscure transcendantale. Ses peintures numériques conversent avec la Grèce Antique dans une épopée proche de la science fiction et reconstitue un monde onirique abritant à ses confins un Superphénix mythologique.  Avec cet humour distancié qui est sien, on est amené à cheminer à travers des expérimentations plastiques résolument contemporaines pour vivre la mutation comme l’ultime régénération.

Superphénix et sa fille- 2014 -Christophe Lambert

Peinture numérique SuperPhénix et sa Fille © Christophe Lambert

La  vision de Jean Luc Caradec mesure la beauté produite à l’aune de la transformation. Ses portraits de femmes comme celles de transsexuelles ne révèlent à l’œil que la grâce d’un geste suspendu. La délicatesse picturale de sa photographie et l’Ode rendue au féminin trouble la perception de ses sources initiales, jusqu’à les contredire totalement.

S’inscrivant dans sa quête d’harmonie vibratoire, les autoportraits  de Rodolphe Baudouin découlent de réseaux sinueux et apparaissent non pas circonscrits dans le formel mais plutôt de façon déductive. Les contours surgissent comme une lumière ou une part d’ombre en cristallisation d’un réseau qui mêle le végétal, l’organique à l’idée de communication étendue. Un dessin dématérialisé qui puise dans les mutations psychologiques puissantes qui accompagnent sa biographie.

Rodolphe Baudouin

Rodolphe Baudouin

Le visiteur est alors invité à déambuler au sein d’une gravité ludique, traduite en autant de déclinaisons plastiques que les sensibilités des artistes du collectif ont œuvré à l’appropriation du thème.

Avec humour, pertinence, poésie et étrangeté Les Six Doigts De La Main, forts de leur plus value chromosomique, ont pour ambition de pointer les situations en crise de notre monde et d’y apposer leur empreinte, en esquisse de réponse.

Leur maitrise plastique et conceptuelle, chacun dans leur champ d’expérimentation, se complètent avec richesse. Dessins, peintures  numériques, fresque, sculptures, photographies, installations et vidéos initient un rite à la galerie Area, multipliant les expériences et les visions pour concourir à l’avènement optimiste d’un monde plus sensible.

Anne-Claire Plantey (commissaire de l’exposition)

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TEASER CI-DESSOUS :

QUI SOMMES NOUS AU JUSTE  ?

Composé d’un quatuor dynamique et protéiforme et de moi même en tant que curator, le collectif artistique Les Six Doigts De La Main réunit :

– Rodolphe Baudouin

Sculpteur, dessinateur, plasticien, inventeur, métaphysicien, fauteur de troubles… il vit et travaille à Montreuil.

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Rodolphe Baudouin -2014

Distant du branché à tout prix, Rodolphe Baudouin définit volontiers son travail comme celui d’un artisan hors des modes et des circuits. Son geste créatif toujours fondé sur le sincère, met en lumière la vérité de son humanisme. C’est en ce sens, qu’il est au devant des questionnements d’une modernité revenue des spéculations froides assistées par ordinateur.

Il y a chez ce sculpteur, dessinateur, metteur en installation, une éducation esthétique halée à l’art ludique, ses pièces empruntant aux morphologies des toons, aux  dioramas du modélisme, aux cadrages des planches de la bande dessinée.

Il aime à recréer le fameuse parenthèse enchantée de l’enfance en une scénographie foisonnante, d’où une multitude de détails rivalisent d’inventivité. Ses livres objets convoquent le merveilleux, mais avec une drôlerie qui n’exclut pas une certaine violence psychologique sublimée.

L’agressivité, le courage, la colère, les angoisses de toutes sorte s’exaltent alors sur le théâtre d’une espièglerie colorée et s’y expriment métaphoriquement.Différentes portes d’accès s’offrent à la compréhension mais s’adressent principalement à une partie enfouie qui réside encore dans l’enfance.

L’artiste bâtit, sculpte et invente des lieux hors temps auxquels il adjoint aussi à l’occasion d’ingénieux mécanismes. Le dessin devient objet. L’objet se pare du mouvement.

Pour l’exposition Mutation Obligatoire, il nous livre ses derniers travaux, soit une œuvre de maturité en rupture avec ses sujets de prédilection.Dans mutation Rodolphe perçoit quelque chose de biologique. Il s’interroge sur la place de l’être humain dans le monde actuel et en déduit l’impératif d’un changement radical dans la relation à la vie, qui impose son tempo implacable : »Comment réaliser cette transformation de façon sereine et détachée, passer du petit ego a grand ego afin de trouver de la liberté intérieure? » se demande t’il.

Puisant dans les préceptes bouddhistes, il ne peut plus se considérer comme un objet fermé, étanche mais comme individu faisant partie d’un ensemble sans fin, côtoyant l’idée d’éternité, défini par ce qui nous entoure. Et notre environnement nous renvoyant de façon inéluctable à nous même, la base de son travail s’oriente naturellement vers l’autoportrait, afin de mieux comprendre et observer ce qu’il diffuse.

Rodolphe Baudouin opère le choix du medium dessin pour tenter faire prendre corps au non tangible de ses appréhensions les plus personnelles et les plus viscérales. Mais l’exercice de style qui interroge la définition même de dessin ne peut s’empêcher bien longtemps de déborder du cadre et de se faire objet à travers « la boite mécanisée » qui est sa marque de fabrique.

Avec poésie et ingéniosité, un microcosme palpite soudainement, révélant des détails cachés à travers une trame de couches successives.A l’instar d’un champ de perception offrant toute les grilles de lecture possibles, de subtils détails se jouent de nos sens et interpellent la part mutine autant que spirituelle contenue en chacun de nous.

– Corine Borgnet

Artiste plasticienne, sculpteur, peintre, dessinatrice, enchanteresse perverse et généreuse. Elle vit et travaille à Montreuil

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Big bang by C Borgnet

Les œuvres de Corine Borgnet peuplent des terres familières et oubliées, dans un monde d’enchantement, de mythes et légendes rendus à la contemporanéité par petites touches rock et pop art. Son sujet de prédilection explore l’univers de l’enfance, cette parenthèse enchantée où l’imaginaire pouvait s’exprimer librement avant de se confronter au principe de réalité qui lui fait fléchir, – pour ne pas dire abdiquer- le plus souvent, sa part de rêve. Elle aborde plus précisément le passage difficile de l’enfance au monde adulte, avec ses résurgences conflictuelles œdipiennes, le deuil difficile, sanglant parfois, d’un lieu ludique où tout s’avérait possible.

L’artiste tient en parallèle une démarche réflexive sur le monde du travail. L’objet emblématique de la vie bureaucratique le Post It, se trouve alors décliné à loisir jusqu’à atteindre à son apogée en une fantasmatique sculpture vivante incarné par l’humain. Mais même au cœur d’une démarche plus politique, le jaune joyeux, omniprésent plastiquement, l’emporte sur la dénonciation de lutte des classes et constitue un terrain de jeu qui ne cède rien sur la part espiègle.

Corine Borgnet s’empare naturellement de la thématique Mutation Obligatoire, tant l’intégralité de ses préoccupations artistiques sont imprégnées de cette notion de passage, matérialisées le plus souvent par une hybridation.

Dans sa sculpture Lillium Madona se trouve ainsi la parfaite métaphore d’une transition épineuse à l’âge adulte, à travers la posture surgissant d’un corps accroupi finalisé par une tête de lys. On est d’emblée touché par ce mutant poétique à souhait, qui cristallise la délicate notion d’éclosion.

Sa création est par essence organique, elle mêle le charnel au végétal, crible de câbles un reliquat humain en signe d’ultime dépersonnalisation par la fonction, assemble des objets usuels en une scénographie qui transcende le ready made et font écho aux jeux d’enfant bercé de contes grinçants… Elle ravive le merveilleux en chaque objet, lui offre une dimension mythologique mixé d’un humour noir, qui maintient l’œuvre toujours en tension.

On note dans la mise en dialogue de deux sculptures une sorte de distorsion temporelle. Une fillette en bottes cirée de pluie rose semble contempler avec résignation, la jeune femme qu’elle s’apprête à devenir, ornée d’une paire de gant mapa fuchsia. Ce signifiant coloré la renvoie ironiquement à une fonction triviale dévolue à son sexe.

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la colonie de petits mutants de Corine Borgnet se prépare à l’atelier…

Au cœur du parcours l’omniprésence du personnage fétiche « L’Autre », petit chérubin sans tête, donne toujours la réplique à ses nouvelles pièces au sein de chaque exposition. Il sera ici transpercé de flèches en incarnation improbable d’un Saint Sébastien enfant. Ce réceptacle cupidonnien, mêlant avec grâce le martyre et l’élu amoureux circonspect se trouve transposé à l’âge tendre, comme pour contredire avec malice le dramatique de son mythe futur.

Des chimères d’objets se découvrent de façon impactantes et ludiques, telles les résurgences d’un conte qui refuse la fin des rêves. La hâche Excalibur se présente à extraire d’un gros caillou, comme un défi drolatique. Divers objets triviaux du quotidien se poétisent par des mises en scènes qui ressuscitent la puissance d’imaginaire d’un monde perdu.

Autant de clins d’œil référencés à observer çà et là, pour renouer avec une part enchanteresse sous tendue d’une l’idée de péril, à l’image d’une traversée psychanalytique. (www.corine.borgnet.com)

– Jean-Luc Caradec

Photographe, hédoniste, musicologue. Il vit et travaille à Montreuil.

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© Jean-Luc Caradec

La photographie de Jean-Luc Caradec se situe dans un réel en mouvement et non dans une composition dûment scénographie. Si elle ne s’apparente en aucune façon à l’esthétique léchée, retouchée à outrance de l’imagerie de mode ou publicitaire, – terre de tous les fantasmes idéalisés -, elle n’est pas documentaire pour autant.

Une œuvre plasticienne, aux confins de la peinture dans son rendu de matière, s’offre alors à travers l’exploration du flou, sa signature, lorsqu’il s’agit de dépeindre la beauté du féminin.Car la femme, de son propre aveu, a trait au trouble et demeure au cœur de ses obsessions; la femme innée, comme la femme transsexuelle, dans cet interstice d’ambigüité qui est son terrain de jeu privilégié.

Elle y est représentée évanescente, livrant quelques détails intimistes de son corps, de son visage ou de sa silhouette, dans une temporalité suspendue avec grâce. Il y a du geste…

On retrouve cette même poésie dans ses réalisations de paysage, ce qui donne à rapprocher la femme Caradequienne d’une lande charnelle.

Par ailleurs, les notions de mémorisation, de nostalgie transparaissent particulièrement  dans son goût pour les films de vacances vintages, en super huit.Il s’attache alors à cristalliser un archétype de l’enfance dans sa dimension universelle.

Le shooting s’effectue sur des sources issues autant de sa propre histoire que celles d’amateurs anonymes.

Cette volonté d’utiliser des images pré existantes résulte d’une réflexion sur la photographie contemporaine. Le flux continuel de visuels qui apparaissent et disparaissent avec problématique de stockage, comme une inflation exponentielle pose la question du sens donner à la production d’images nouvelles.
 L’artiste s’est intéressé à la création de clichés à partir d’images existantes, de façon à générer une réponse autour du recyclage.

Il puise ses sources dans de multiples supports, que ce soient des photographies anciennes, du film super huit, de la vidéo prélevée sur internet, des retransmissions télévisuelles…

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© Jean-Luc Caradec

La véracité de l’image se retrouve mise en perspective, donnant un nouveau sens à la photographie. Elle emprunte à sa source des contours que le fantasme emmène ailleurs.

Distillant son mystère dun regard bienveillant, Jean-Luc Caradec brouille délibérément les cartes de son origine pour n’attirer l’attention que sur le moment de beauté qu’il souhaite révéler. Cette dernière atteint son paroxysme lorsqu’il use de la pornographie pour faire surgir avec une douceur visuelle quasi aquarellée,  de la délicatesse du dernier endroit où l’on penserait en trouver. Il va extraire de la noblesse, de l’échange de ces quelques moments fugaces qui composent aussi ce type de production.

Si on peut qualifier sa photographie de plasticienne elle se couple également de vertus réalistes, dans le sens où il aime à capter un moment qui existe, un moment de vérité, même sublimé par la matière.Cette capture de l’instant présent supposant une juste dose d’instinct et de lâché prise, de manière à restituer correctement « sa composition spontanée ». L’œuvre se prête au jeu du paradoxe : la dimension géométrique qui émane de l’humain, la perception éthérée extraite du sexuel…

On est alors convié à se perdre dans ses paysages charnels, baignant dans cette douceur picturale, à l’intérieur de laquelle est maintenue subtilement de sa source une tension érotique. Cette frontière de non formulation. Ce flou qui trouble nos sens…

– Christophe Lambert

Artiste plasticien, peintre, dessinateur, vidéaste, chimiste, conducteur de locomotive supersonique. Il vit et travaille à Paris.

Superphénix- peinture numérique 2014 par Christophe Lambert

Superphénix- peinture numérique 2014 par Christophe Lambert

En personnage complexe, Christophe Lambert déplace son élégance nonchalante au gré de diverses aventures et expérimentations.

Sa douceur apparente abrite une mécanique bien huilée, toujours prompte à créer et produire avec plus d’efficacité. Mais qui est donc Christophe Lambert ? L’artiste plasticien, ex architecte, le meneur de revue, Christophe Lambert le vrai ?! (Surtout pas le Greystock sur le déclin, insuffisamment cérébré, n’allez pas confondre)…

Ses sources d’inspirations puisent dans l’art baroque vénitien, la renaissance 18ème, les profondeurs insondables de la galaxie, les mythologies de toutes sortes, autant grecques, latines qu’égyptiennes, savamment matinées de pop culture et d’une pointe High-tech.

N’hésitant pas à se mettre en scène, avec un engagement et un humour truculent, l’artiste nous livre son œuvre sous forme d’épopée cinématographique.

Chaque épisode explore un thème mais sous un angle et à travers des incarnations pour le moins originaux.

D’une culture classique où il hantait les galeries du Louvre, on retrouve l’héritage d’un dessin finement ciselé. Celui ci s’exalte particulièrement à travers le romantique de ses «Saints Suaires », démarrés suite à une rupture amoureuse, qui l’a conduit à rechercher les ultimes traces de l’être aimé sur une étoffe ayant enveloppé son corps…

Il a sublimé la douleur et le manque en fresques délicates, sortes de gravures gothiques sur gants ou nuisette de coton chinés. Le rendu précieux évoque également l’art plus rock’n roll du tatouage, car ses sujets se ponctuent  malicieusement de références pop.

Christophe Lambert aime à recréer un monde onirique, terre de ses fantasmes combinatoires. A travers la Nébuleuse de la Lyre, il se fait archéologue d’un mythe réapproprié et tous les medium concourent à l’avènement de cette lande utopique : de la rédaction du synopsis déjanté, à l’élaboration de précieux « livres objets », en passant par la bande annonce d’un film hypothétique, comme la création de tableaux lumineux qui reconstituent une voie lactée, richement encadrée. Il répertorie ainsi une collection Lambardi fictive, usant pêle-mêle de tous les outils narratifs.

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Superphénix- peinture numérique 2014 par Christophe Lambert

Ses référents paient également un tribut à la Grèce antique par un jeu de collages numériques complexes, dupliquant sa statuaire à loisir. Son fameux glissement temporel qui conduit à la froide réalité économique contemporaine, s’y trouve couplé.

Un mouvement de balancier s’opère le plus souvent : une envolée lyrique en hommage au trésors d’une culture passée se trouvent rapidement rattrapé par une irrépréhensible ironie. Ce second degré iconoclaste nous ramène à des préoccupations sociales et politiques actuelles, en juste réappropriation d’un sujet classique.

Pour mutation Obligatoire, Les cendres du Superphénix déjà évoqué dans ses turpitudes précédentes  sont ravivées: « cette petite flamme qu’on tient en soi et qui luit dans l’iris. Celle qui rallume un monde éteint, celle au départ d’un nouveau brasier. Nous avons tous la possibilité de renaître de nos cendres tel le Superphénix » constituera donc son leitmotiv.

Christophe Lambert s’incarne en Capitain White, une hybridation entre lui même et le Michael Jackson en costume blanc, de l’emblématique album Triller. Il choisit cette évocation en figure illustrative de l’exploration mutante sur sa propre identité charnelle.

Gorgé d’un référentiel éclectique, il fend la galaxie  en une quête improbable où il se fait chercheur moléculaire d’un élixir de vie et tente d’apprivoiser des forces qui nous dépassent. Les débordements nucléaires et autres dérives de la manipulation énergétique se trouvent mis sous les projecteurs.

Il proposera, pour l’exposition Mutation Obligatoire, une série de peinture numérique alliant collages 3D et geste pictural. Ses expérimentations vidéos et la consultation de son livre-ouvrage complèteront ce voyage inédit. (www.christophelambert.eu/)

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VERNISSAGE  JEUDI 13 NOVEMBRE 2014 A PARTIR DE 18H00

EXPOSITION DU 13 AU 29 NOVEMBRE 2014

GALERIE AREA 50 rue d’Hauteville 75010 PARIS -2eme étage fond de cour

Horaire : du mercredi au samedi DE 15H à19H  et sur rendez vous tel : (+33) 1 45 23 31 52 Métro : Bonne  Nouvelle  (Ligne  9 et 8)

www.areaparis.com

Notre page : www.facebook.com/lesSixDoigtsDeLaMain

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Vue de l’exposition à la galerie Area – Corine Borgnet et Jean-Luc Caradec Courtesy aux artistes et à la galerie ©Artefact by AC Plantey

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Vue de l’exposition à la galerie Area – Corine Borgnet et Jean-Luc Caradec Courtesy aux artistes et à la galerie ©Artefact by AC Plantey

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Vue de l’exposition à la galerie Area – Corine Borgnet et Rodolphe Baudouin Courtesy aux artistes et à la galerie ©Artefact by AC Plantey

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Vue de l’exposition à la galerie Area – Rodolphe Baudouin Courtesy aux artistes et à la galerie ©Artefact by AC Plantey

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Dessin lumineux Rodolphe Baudouin -moment 1

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Dessin lumineux Rodolphe Baudouin -moment 2

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Dessin mécanisé roulant Rodolphe Baudouin

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Installation « cabinet de curiosité » avec bocaux d’avortons de dessins Rodolphe Baudouin

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Sculptures de Corine Borgnet ©Philippe Puiseux

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Photographies de Jean-Luc Caradec ©Artefact

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Vue de l’installation de Christophe Lambert © Artefact

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Phénix brulé et peintures brulées par Christophe Lambert ©Artefact