Sans titre 6.9. 2013. Crayon noir sur papier 100x63 cm. Collection privée

Sans titre 6.9. 2013. Crayon noir sur papier 100×63 cm. Collection privée

« Depuis quelques années je développe des processus de travail qui voient se déstructurer les langages graphiques, notamment celui de la photographie, dans le but de créer des images glissantes, à la fois concrètes et indéterminées, intègres et innommables, orphelines, mais dotées d’une vie et d’une logique propre.
Cette logique interne du travail que je recherche nécessite que les intentions, et jusqu’à la conscience de l’artiste, se diluent dans un objet, une image, qui prend alors son indépendance. C’est pourquoi la pratique se développe «en dialogue» avec des images préparées, pour empêcher d’être livré à ma volonté trop libre.
Après avoir travaillé sur les langages graphiques de la bande dessinée franco-belge (série des Disques) sous l’influence des oeuvres d’Oyvind Falström, je me suis penché sur la photographie. Plus précisément : sur le photoréalisme, pour la raison qu’il est aujourd’hui le langage pictural détenant le plus grand des pouvoirs de manipulation et de soumission par la fascination.
La photographie est désormais un langage universel. Elle confine à la signifiance absolue tant sa dimension mécanique donne l’illusion de la vérité. Et aujourd’hui tout un chacun sait «lire» une photographie, sans plus même s’en apercevoir. C’est sur ces aptitudes supposées du spectateur que se développe mon travail. Je travaille à partir de photos trouvées dont je m’emploie à déconstruire, à performer la structure
figurative. La travailler jusqu’à ce qu’elle devienne autre. Les spécificités du medium constituent une large palette d’outils : piqué de l’image et détails des textures, flou photographique, profondeur de champ, etc.
Tout comme les spécificités plastiques d’une photo des années 30, d’une publicité «photoshopée» contemporaine, ou d’une photo numérique compressée à l’excès pour le web, sert de base au développement formel du dessin. Il s’agit d’amener la lisibilité à un point de tension proche de la rupture, et de faire entrer l’image en conflit avec le spectateur.
La déstructuration, la saturation, l’image au sein de l’image, la dilution des frontières qui séparent les objets des espaces qui les contiennent, sont parmi les moyens de nourrir ce conflit, jusqu’à poser le spectateur face à un dilemme : abandonner face à ce qui échappe, ou nommer ce qu’il voit de sa propre autorité. Ce en quoi il devient l’auteur de son regard. Ce regard rompu à la syntaxe photographique par les productions de la société du spectacle. L’image n’est plus à comprendre, ni même à ressentir, elle est toute à créer. Il est vain de chercher un «sujet» dans lecontenu direct des dessins. Au contraire, c’est tenter de faire se confronter le spectateur à un travail de sape. Et donc de mettre en valeur sa qualité réelle: celle de s’approprier une image devenue hermétique. Celle de l’ouvrir, d’y créer ce qu’elle n’est que potentiellement, et s’il dépasse la frustration face à l’image qui ne s’offre pas dans la communication. » Tudi Deligne.

7.4

Sans titre 7.4. 2014. Crayon noir sur papier, 53×40 cm. Collection privée

7.1

Sans titre 7.1. 2014. Crayon noir sur papier, 63×100 cm.

7.3

Sans titre 7.3. 2014. Crayon noir sur papier, 52×42 cm.

7.2

Sans titre 7.2. 2014. Crayon noir sur papier, 52×42 cm. Collection privée

7-.5

Sans titre 7.5. 2014. Crayon noir sur papier, 52×42 cm

Tudi Deligne est un jeune artiste franco suisse né en 1986. Il vit et travaille à Paris. Issu de l’ Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg il investit le medium dessin par le biais de crayon de couleur, essentiellement noir.

Les dessins de Tudi Deligne captivent et interrogent. On a tout d’abord du mal à les identifier en tant que tels, tant la virtuosité de ce dessinateur « obsessionnel » trouble les frontières avec l’outil photographique.
Les éléments qu’il choisit et extrait du flux internet pour les recombiner en association libre, donne à voir un monde singulier qui se joue des paradoxes: abstraction pourtant curieusement figurative, univers d’extrême contraste où le sombre abyssale dévoile des lieux traversés par la lumière la plus éclatante. Une lumière surnaturelle qui confèrerait même au sublime de l’ultime « illumination ».

Oscillant entre le mystique, la gravure 17éme, l’évocation d’une austérité moyenâgeuse, la guerre des tranchées, la flore aquatique et la pixellisation d’un agrandissement incertain devenant trame et matière, tout concourt à scruter les milles détails qui surgissent pele mele de ce magma poétique autant qu’angoissant.

C’est dans un monde végétal que l’on se trouve propulsé comme la toile de fond d’un paysage malgré tout urbain, car la trace humaine est perceptible. S’il n’apparait point ici en tant que tel, ses constructions et organisations de pierres témoigne pourtant de son passage.

A la galerie Mariska Hammoudi, – galerie qui promeut  la jeune création figurative -, cette énigmatique série « sans nom », nous permet de découvrir les dernières oeuvres, plus abouties que jamais, par l’artiste. Elles constituent les différents pans d’un tout, sans être narratives pour autant. Jamais la notion de frontière n’a été pousser plus avant par Tudi Deligne. Ses fameux flous photographiques créent une brume mystérieuse qui ôte toute délimitation et nous maintient avec jubilation dans l’ambiguïté la plus ténue. Le monde des images,des signifiants et des agencements se dérobe. Il nous oblige ainsi à appréhender différemment, à ne pas vouloir circonscrire la vérité du tangible et à accepter avec humilité toute la puissance de son mystère.

Première exposition monographique des dessins de Tudi Deligne du 22 novembre au 31 décembre 2014 à la galerie Mariska Hammoudi , 22 rue du Cloître St Merri 75004 Paris.

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www.galeriemariskahammoudi.com/

site de l’artiste : http://tudideligne.com/